lundi 7 septembre 2015

Il leur sera beaucoup pardonné...

Je savais que nous aurions des surprises avec ce nouveau Pape. Qui n'est plus si nouveau d'ailleurs mais qui continue à innover. 
 Je mets une majuscule à "Pape", oui.... Souvent, je mets une majuscule à Dieu aussi. J'ai été baptisée, catéchisée, j'ai communié, tout le tintouin, la totale, les églises, la messe, les chants, les cierges, les histoires, l'encens, la communion, la confession, tout. J'aimais ça. 
Bon, les réunions après l'école chez les dames catéchèses, je trouvais ça un peu neuneu, franchement. Mais Madame Léon était vraiment gentille, et elle nous faisait un quatre-quart. Après, elle nous expliquait que si un petit garçon noir était tout seul dans la cour, c'était bien d'aller jouer avec lui et que c'était quand même Jésus qui nous aimait qui l'avait dit. Et on le dessinait. Jésus, pas le petit garçon noir.
Avec les curés, c'était plus littéral et nettement plus excitant. Les marchands du temple, les romains, Judas et Marie-Madeleine. J'aimais beaucoup Marie-Madeleine avec ses longs cheveux. Et Simon Pierre-tu-es-Pierre-et-sur-cette-pierre-je-bâtirais-mon-église aussi. Ca avait de la gueule, faut bien le reconnaître. Par contre, Jean, je le trouvais un peu fayot sur les bords.

 Plus tard, je me suis rendue compte que nous n'étions pas d'accord sur certains sujets, l'Eglise et moi. Et on me disait "c'est pas grave, tu prends ce qui t'intéresse et tu laisses ce que tu n'apprécies pas". Oui. Sauf quand le Pape justement, à Rome ou ailleurs, vient te dire que le meilleur moyen de lutter contre ce virus qui ravage le monde, c'est l'abstinence sexuelle. Par exemple. Ca m'a agacée, ça. Surtout que tu sais que beaucoup de gens lui font confiance, à cet homme. Et font ce qu'il leur dit de faire. Pas de pratiquer l'abstinence sexuelle, ça non, on sait que ce n'est pas possible. Non, ils ont des relations sexuelles, évidemment. Mais sans capote. Parce que la capote, le Pape est contre. Au Burundi, par exemple, pays à forte majorité catholique. Et dont le taux de prévalence du VIH a dépassé les 10% de la population dans les années 90. Avec des orphelins dont on ne savait pas quoi faire. Ca m'a vraiment, vraiment agacée.

Avec ce Pape, je me doutais que ça allait bouger donc. Mais il m'a quand même surprise avec le pardon aux femmes qui avaient avorté. Je l'attendais sur le divorce, la contraception, sur le mariage des prêtres, sur la prêtrise aux femmes, sur tous ces sujets qui font que les églises sont vides, faute de pouvoir répondre aux attentes d'une population qui a évolué. Mais l'avortement? Ca m'a scotchée.

Bon, remettons les choses en perspective, il ne demande pas le pardon de l'avortement, ce serait trop énorme. Et je ne suis même pas certaine que ce soit possible, voire souhaitable (mais c'est un autre sujet). Non, il enjoint les prêtres à accorder leur pardon, ce qui revient au pardon de Dieu puisque les prêtres en sont les représentants, pardon donc aux femmes qui ont avorté. 

C'est doublement une révolution. D'abord parce qu'il parle aux prêtres directement, sans passer par les cardinaux, évêques, etc... L'Eglise a une hiérarchie aussi rigide, voire plus rigide que celle de l'armée. En parlant directement aux prêtres, il court-circuite tout le système. Ce qui n'est pas rien. 

Ensuite, et surtout, en demandant à ce que ces femmes soient pardonnées, il continue de les considérer comme fautives (puisqu'il faut leur pardonner) mais il leur reconnaît le droit à la rédemption. Ce qui est totalement inédit. Je rappelle qu'un meurtrier pouvait être pardonné par un prêtre, pas une femme qui avait avorté et ce quelles que soient les conditions de la fécondation. L'Eglise brésilienne a récemment excommuniée une mère et sa fille de 9ans, parce que la première avait aidé la seconde a avorté. En sachant que la petite était enceinte des suites d'un viol et qu'elle risquait fort de ne pas survivre à un accouchement, vu son jeune âge et sa constitution. Si le Pape est entendu, la petite et sa mère ne seront plus excommuniées et seront même pardonnées.

Pour nous qui vivons dans un pays laïc et qui, peut-être, nous sommes écartées de la religion, ça ferait presque sourire. Après ce que cette mère et son enfant ont vécu, le pardon de l'Eglise franchement.... Mais pour une femme vivant dans une communauté très empreinte de l'influence des religieux, ce pardon, c'est la différence qu'il y a entre l'exclusion totale du monde des vivants et un maintien dans un groupe humain. C'est la conservation d'un lien, certes précaire et conditionné, mais un lien quand même avec sa communauté. 


Pour moi qui ait avorté, et qui n'en ait jamais demandé pardon à qui que ce soit (sauf à la vie que je n'ai pas laissée naître), je prends ce pardon que m'accorde aujourd'hui le Pape comme un jalon supplémentaire dans le processus de deuil qui suit tout avortement. Même si je n'en ai pas ressenti le besoin au moment où j'ai moi-même traversé ce deuil, j'aurais aimé le connaître à cette époque pour étayer le pardon que je me suis finalement accordé à moi-même, au terme d'un long et parfois douloureux processus. J'aurais aimé toutefois qu'il soit plus direct, et plus évident dans ses implications, non pas pour justifier par avance mais pour éclairer cette décision que j'ai prise et qui n'aurait pas pu être différente à ce moment-là. 

Et je remercie ce Pape de l'avoir compris et pris en compte. Parce qu'en faisant cela, il reconnaît qu'une femme qui avorte est dans une situation où elle ne peut pas faire autrement. Et il clame, sans le dire, à la face des hommes auteurs de ces grossesses et qui condamnent sans nuance et la femme et l'avortement, qu'ils ne sont que des hypocrites irresponsables et indignes. 

Que vivà el Papa !


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mercredi 2 septembre 2015

Le Bon, la Brute et l'Educateur....

Je sais, c'est un peu provocateur. Quand j'ai cherché un titre pour cet article, j'ai pensé à des choses plus ampoulées, ou bien moins explicites "Société et éducation: l'incompatibilité d'humeur?", "Enfants et Adultes, bientôt la guerre?".... Bref, pas évident.

Dans un article précédent, j'ai évoqué l'hypothèse que notre société puisse mal tolérer, voire ne pas tolérer du tout la présence d'enfants avec tout ce que ça peut évoquer de bruit, désordre et autre dérangements, dans le domaine public. Et que cela engendre une sorte de dichotomie chez les parents.
Pour se convaincre du peu de tolérance aux enfants de notre société, il suffit d'avoir été un jour assise dans un wagon TGV et de sentir la soudaine tension qui traverse le wagon à l'arrivée d'une mère et de ses 3 enfants de moins de dix ans. Après son passage, les soupirs de soulagement sont audibles, mais les sourires se crispent lorsqu'elle arrive finalement à bon port (pas bon pour tout le monde) et qu'elle s'y installe à grand renfort de "mets pas tes pieds, assieds-toi bien, fais attention à la dame, lâche ta tétine, touche pas à ça, fais moins de bruit, non, pas là, c'est pas ta place, laisse ton frère tranquille, etc..."! C'est d'ailleurs, à mon avis, pour cette raison que la SNCF a créé le "Carré Famille" où tu es sensée être entre parents et enfants. Faudrait pas trop déranger le cadre commercial ou la chargée de mission en vadrouille.

Autre exemple, les grandes surfaces. Tu ne peux pas pousser ton caddie tranquille sans voir un parent menacer un gosse,  voire -trop souvent- sans entendre le claquement sec d'une paume sur une joue.

Je sais que la France peut se targuer d'une politique petite enfance très généreuse par rapport à ses voisines. Que ce soient les congés parentaux, les crèches, l'enseignement dès 3 ans, les assistantes maternelles, les allocs, les visites remboursées Sécu, les centres aérés, etc... Je ne dis pas que c'est parfait, mais ça existe et ce n'est pas toujours le cas ailleurs. En Allemagne, si tu veux des enfants, un des parents arrête de travailler parce que les structures n'existent pas vraiment. En Angleterre, pareil. En Espagne et en Italie, si tu n'as pas les grands-parents disponibles, c'est compliqué. Je te passe les Etats-Unis évidemment.... Tout ça pour dire que nous sommes plutôt avantagé(e)s de ce côté. Pas autant que la Scandinavie, d'accord, mais quand même pas mal... 
Le paradoxe se situerait plutôt, à mon avis, au niveau du regard extérieur et de la façon dont les bébés et les enfants sont perçus et pris en compte chez nous. Pourtant, nous sommes très fiers de notre natalité. Mais c'est comme si le taux de natalité le plus élevé d'Europe (avec l'Irlande, je crois) était complètement décorrélé de la conséquence fatale qui est d'avoir des enfants dans les rues, les immeubles, les trains, les parcs, les restos, etc.... Un fort taux de natalité, oui! des enfants chez nous, non!

Je me dis que, nous parents, lorsque nous avons des bébés, des enfants, des ados, nous percevons cette attente, voire cette contrainte de la part de la société en général, de façon sous-jacente, non-dite, de ne pas laisser nos enfants prendre trop de place, de ne pas faire trop de bruit, de ne pas déranger. Et ça nous stresse! Alors, en tant que parents responsables, on anticipe, on prévoit, on organise. Dans le TGV, encore une fois, tu vois des gosses arriver avec des sacs de jeux, feutres, coloriages, livres, magazines, figurines, gametrucs, DS8bis, etc... suffisants pour équiper une petite ludothèque de province. Ce qui ne les empêche aucunement de vouloir... autre chose au bout de 10, 20 ou 30 minutes de voyage selon que ton alignement de planètes est favorable ou pas.

Les neurosciences nous apprennent, nous confirment que les enfants ne sont pas de petits adultes en miniature. Ils sont des êtres d'émotions, de dialogue, de contact (comme les adultes) et l'immaturité de leur cerveau les empêche d'analyser, comprendre, canaliser leurs émotions (comme parfois les adultes). Ils doivent être accompagnés (accompagner, pas dresser) pour apprendre à mettre en place les processus cérébraux variés qui leur permettront, à terme de "gérer" leurs émotions. 
En attendant le "à terme" en question, ils sont en colère, en rage et ils crient, fort parfois, ils sont tristes et ils pleurent, ils sont heureux et ils le manifestent,  tout ça de façon expansive.

C'est normal. 

Sauf que, chez nous, j'ai l'impression que c'est perçu comme un signe de mauvaise éducation. Et de ce fait, la pression sociétale sur les parents concernant la "bonne tenue" et l'attitude de leurs enfants est très forte, et j'ai la sensation qu'elle est bien plus forte que dans d'autres pays. (Je mets à part la Chine et la Corée du Nord... au moins ces deux-là).

Lorsque je vais à l'étranger, ou lorsque j'entends des étrangers en France au camping par exemple,  j'entends et je vois beaucoup les enfants.
En Suède, des témoignages rapportés par des amis, des collègues (français), décrivent des enfants faisant des crises de rage dans la rue, grimpant sur les bancs dans le bateau, sur les sièges dans le bus, mangeant avec les doigts dans les restaurants, etc... des enfants extrêmement audibles et visibles dans l'espace public.

Quiconque est allé en Israël peut aussi témoigner de ces enfants qui rient, jouent, qui font des blagues, qui hurlent, trépignent, qui frappent parfois leurs parents, partout dans les rues, les parcs, les plages, les restos. J'en ai même vu un qui a fait pipi au milieu du salon, à 10 cm de mes tongs, sans plus de réaction de la part de sa mère que de se lever et d'aller chercher une serpillère. L'amie qui était avec moi, hilare de mon ahurissement et connaissant le mode éducatif français, m'a expliqué en sortant que "ici, en Israël, on est à peu près sûr(e)s d'avoir nos enfants jusqu'à 18 ans. Après, ils vont au service militaire, et ils ne reviennent pas toujours". 

 En France, en fait, comparativement, tu n'entends les enfants que très peu. Tu les vois assez peu dans l'espace public. Tu sais qu'ils sont là  mais par effet-miroir en quelque sorte.  Ceux que tu entends, ce sont leurs parents qui crient, qui hurlent, qui commentent, qui enjoignent, qui interdisent, qui promettent, qui morigènent, qui humilient, qui.... Ceux que tu vois, ce sont les parents qui hochent la tête avec agacement, qui te prennent à témoin, qui lève la main, qui giflent, qui menacent, qui attrapent sèchement la main, le bras, l'épaule, l'oreille, les cheveux, qui secouent.... 

Je peux comprendre que cette date de péremption des enfants israéliens, même aléatoire, fasse que l'on revoit ses priorités éducatives. Mais est-ce qu'il faut vraiment en arriver à cette prise de conscience terrible pour agir autrement avec nos enfants?


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lundi 31 août 2015

Changement d'herbe réjouit les veaux....

§§ Attention - Article hétéro-centré §§§


J'ai grandi dans une famille relativement unie, du moins du côté de mon père. Avec des couples qui semblaient solides, faits pour durer. Ce que je veux dire, c'est que je suis arrivée à l'âge de 20 ans persuadée que, sauf exception, les hommes, une fois mariés ou en couple, étaient fidèles. Les femmes, c'était autre chose. Mais, en ce qui concernait les hommes, je n'avais pas de doute. Mon père était tellement amoureux de ma mère, il n'y avait tellement rien de plus important qu'elle dans son monde que je ne pouvais pas imaginer qu'il regarde ailleurs. 


Là-dessus, j'ai commencé à travailler à Paris. J'avais 20 ans, 25 ans, 30 ans, j'étais selon les moments célibataire ou pas, pas trop mal de ma personne et capable d'une conversation suivie*. Le nombre d'hommes mariés qui m'ont fait des avances est, en proportion, incroyablement élevé par rapport à l'ensemble des propositions honnêtes ou non que j'ai pu recevoir de la part de célibataires. C'en était presque désespérant parfois. Ca me rappelait l'expression lapidaire de ma grand-mère lorsqu'elle entendait parler d'un homme volage: "que veux-tu, ma chérie, changement d'herbe réjouit les veaux"! (Les veaux apprécieront!).

J'ai fini par me demander ce que ce changement d'herbe leur apportait, à ces veaux hommes mariés. Et dernièrement, en entendant les révélations de hacking sur le site Ashley Madison, cette question m'est revenue. Il semble que la motivation des hackers ait été puritaine, pas sociologique, c'est à dire qu'ils ont souhaité dévoiler les identités de hommes et des femmes qui se rencontraient sur ce site dans le but affiché d'avoir une aventure extra-conjugale, pour leur causer du tort, de la honte, etc.... Bon.... Ils ont réussi. Des couples n'y ont pas survécu, des hommes et des femmes ont souffert, peut-être seulement prématurément d'ailleurs, on parle même de deux suicides qui pourraient découler de ces révélations. 
Mais surtout, ce qui m'a fascinée, c'est qu'en hackant les fichiers, ils ont mis à jour le fait, indéniable au vu des données, que l'immense majorité des candidats étaient des hommes: 11 millions d'hommes en route vers le nirvana avec.... 2 400 femmes**. Ouch, ça fait mal. Et calcul fait, si je ne me trompe pas, ça fait plus de 4500 hommes par femme. Qui a dit qu'on n'avait pas toujours le choix dans la vie? Bon, ok, je sors....

 En-dehors de toutes les raisons "connues" qui peuvent faire qu'un homme trompe sa femme (la maîtresse est plus jeune, plus belle, plus portée sur la chose, plus disponible, plus libérée, plus ..... etc.) En-dehors donc de toutes ces raisons-là, qui sembleront évidentes ou pas, il en existe au moins deux que l'on ne cite pas souvent et que j'ai rencontrées fréquemment.

D'abord, la dichotomie de la maman et la putain marche encore très bien! De nombreux hommes choisissent encore la femme qui sera la mère de leurs enfants en fonction de ce qu'ils ressentent (consciemment ou pas) de sa sexualité. Pour faire simple, quand tu es un homme, tu as envie de faire plein de trucs avec la bimbo à gros seins et dans la liste des quarante premiers items ne figure pas le mot "bébé". En revanche, si tu planifies un bébé, tu vas plutôt choisir un modèle que tu reconnais comme "maternel". Et comme dans Mafia Blues, quand le psy Billy Crystal propose au maffieux De Niro de cesser ses infidélités chroniques et d'entretenir une sexualité toute aussi épanouie avec sa propre épouse, De Niro, grandiose, le renvoie d'un magistral "Demander ça à ma femme?!!? mais vous n'y pensez pas: la bouche qui embrasse mes enfants!!!??!!" Et tout est dit. Ces hommes-là, à un moment donné, vont chercher la sexualité qu'ils fantasment ailleurs que dans le lit conjugal. C'est d'ailleurs intéressant comme schéma: il est évident pour eux que leur femme ne leur apporte pas ce qu'ils attendent. Sans qu'ils perçoivent une seule seconde qu'ils l'ont précisément choisie pour cette raison-là et que, même si elle voulait exprimer plus de désirs sexuels, elle en serait probablement empêchée -avec eux au moins- par leur difficulté, voire leur impossibilité à lui reconnaître ce rôle. 
La deuxième raison, c'est en quelque sorte le contraire de la première. Ce sont ces hommes qui choisissent une femme pleine de qualités, dont une bonne, voire une excellente affinité sexuelle en négligeant complètement la complicité intellectuelle. Et qui se retrouvent tous les soirs à table avec quelqu'un à qui ils n'ont rien à dire, ou qui n'a rien à leur répondre. Et ça, c'est presque plus difficile à régler. 
En effet, les amitiés masculines étant ce qu'elles sont, elles ne permettent pas toujours de partager une intimité, une émotion. Les amitiés homme-femme, c'est extrêmement difficile à mettre en place, à justifier, à maintenir, même si l'amitié en question est antérieure au mariage de l'homme. C'est une jolie quadrature du cercle: Si tu es un homme et que tu es ami avec une femme, peu croiront qu'il n'y a rien de sexuel entre vous. Alors, comme dirait l'autre, autant la sauter! 
Je ne suis pas en train de dire que c'est un sacrifice, faut pas pousser. Je dis juste que ces hommes-là, ce qu'ils veulent en priorité, c'est une complicité intellectuelle, un partage d'intimité qui ne soit pas nécessairement physique mais qui leur permette d'évoquer leurs états d'âme avec quelqu'un qui les comprend, et le regard de la société fait que ça, seulement ça, personne n'y croit. Alors ils ont des relations sexuelles avec leur amie. Au cas où certains auraient des doutes, il y a de nombreux témoignages de prostituées rapportant que des clients les paient "pour parler".
Que les choses soient claires: je n'ai pas de sympathie particulière pour les hommes infidèles, et encore moins pour les clients de prostituées. Mais, encore un paradoxe, j'en ai rencontré qui étaient des hommes "bien". Je fais donc l'hypothèse que la relation extra-conjugale serait le moyen -inadéquat- que trouve un homme pour vivre moins douloureusement une situation dans laquelle il se sent coincé. 
Et dans les cas que je détaille plus haut, il suffirait d'un tout petit changement mental ("ma femme peut aussi m'exciter au lit") ou d'une plus grande ouverture sociétale (oui, un homme peut être ami avec une femme) pour que les onze millions d'inscrits à Ashley (et les autres aussi) retrouvent confiance et dignité.


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* C'est bien plus que n'en attendent certains hommes, franchement. 

** source Le Figaro http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/08/27/32001-20150827ARTFIG00101-sur-le-site-d-adulteres-ashley-madison-11-millions-d-hommes-parlaient-a-2400-femmes.php

mercredi 26 août 2015

Les bornes des limites....

J'ai déjà parlé des "limites" ici, et de l'incompréhension que la phrase "il faut poser des limites aux enfants"suscitait en moi. Mais c'est un thème tellement porteur que j'y reviens. Même avec l'hôm' qui partage ma vie, la question des limites est épineuse. Lui aussi trouve parfois que je pinaille. Comme il est un merveilleux sparring partner de discussions à éclosion d'idées (entre autres), il m'a permis de clarifier un ou deux points que je partage ici.

Je ne suis pas "contre" les limites ou, variante de la limite, je ne suis pas "contre" les frustrations. Les limites existent, ainsi que les frustrations, et sont inhérentes à notre humanité. Dire que je suis contre reviendrait à déclarer que je suis contre l'humidité de la pluie ou la chaleur du soleil. 

En fait, quand tu nais, tu découvres la frustration illico. Si tu ne te souviens pas, je te fais un résumé: tu étais au chaud, dans la pénombre, protégé(e) du bruit, tout te tombait tout cuit dans le bec, easy! Et d'un coup, tu te retrouves dans le froid, après un passage horrible où tout est étroit, on t'oblige à prendre de l'air dans tes pauvres poumons, il faut que tu réclames quand tu as faim et ça ne vient même pas tout de suite! Je vais te dire: Si, comme le pensent les psychanalystes, la frustration construisait, rien qu'avec ta naissance, tu devrais être construit à VIE.... Et bonjour le type de construction!
Quant aux limites, allons donc.... rappelle-toi la première fois que tu as voulu te mettre debout, tu ne t'es pas retrouvé(e) sur les fesses sans comprendre? Rappelle-toi la première fois où tu as eu une otite, ou la rougeole, ou une angine, tu avais mal, tu avais chaud et il a fallu un temps infini avant que ça passe.... Et rappelle-toi la fois où tu t'es dit que tu allais courir le 100m en moins de 10 secondes. Hein? Tu ne t'es pas senti(e) limité(e), là?

Sommes-nous d'accord déjà sur ce point? Nous tous, humains, expérimentons des limites quotidiennement. Limite, impuissance, frustration... Ma réaction à la phrase "il faut mettre des limites aux enfants", c'est donc "Encore?!? il en faudrait encore plus? Mais pourquoi faire?"....
Les psychanalystes (encore eux) nous disent que l'absence de limites placeraient les enfants dans une grande angoisse. (Je passe sur le pendant théorique tellement commode de ce raisonnement qui  veut que lorsque tu empêches un enfant de faire ce qu'il veut, en fait, tu lui rends service, c'est pour son bien, hé hé..). Mais, sérieusement, vous en connaissez des enfants qui grandissent sans que leurs parents ou leurs tuteurs ne mettent de limites? 
Moi, si je regarde bien, en fait, je n'en connais pas. Je vois des enfants trop sages et ne pas oser (j'en vois énormément, contrairement à ce que j'entends partout). Je connais des enfants ou des ados bruyants faute de ne pas savoir comment attirer et obtenir l'attention et le soin d'un adulte. Je rencontre parfois des enfants épuisés de devoir suivre les rythmes inhumains que le travail de leurs parents leur impose. Je connais des enfants qui parle de mort à 8 ou 11 ans parce que qu'ils peinent à reconnaître le bon de la vie et surtout qu'ils n'en comprennent pas le sens. Je connais des enfants qui feraient n'importe quoi (N'IMPORTE QUOI!) pour passer du temps en tête à tête avec leur mère, ou leur père. 
Ces enfants-là peuvent crier, mordre, courir, taper, se mettre en danger même.... Et je ne pense vraiment pas que ce soit faute de limites, ou que si des limites leur étaient données, cela réglerait leurs problèmes. Cela rendraient peut-être ces enfants moins visibles ou moins audibles mais certainement pas moins malheureux.

Donner des limites, c'est rendre les enfants plus faciles à vivre dans notre société, pour nous, pour les parents, les grands-parents, les profs. Et ça peut être un projet, après tout, pourquoi pas? Mais que l'on ne me dise pas que c'est pour le bien de l'enfant, que ça le structure, le construit ou le sécurise. Un enfant a besoin d'être aimé et d'apprendre en sécurité. Des limites, il en rencontre déjà, partout, tout le temps; il n'est pas nécessaire d'en rajouter.






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samedi 22 août 2015

De l'influence de l'extérieur sur nos enfants....

(Ou le coaching de performance du coiffeur :-)  )


A la maison, nous avons (eu) trois enfants précoces ou EIP ou HP ou en avance ou posant des questions insolubles à l'ensemble des adultes les entourant, bref.... des enfants comme il y en a plein maintenant qu'on les écoute (et qu'on les entend un peu plus).
J'estime que nous avons eu de la chance parce qu'à part quelques soucis d'ego chez certains instits ou profs, ils ont eu une scolarité plutôt tranquille avec les résultats nécessaires aux passages dans les classes supérieures. Faire redoubler un EIP, franchement, c'est l'horreur. Donc j'estime que l'on a été plutôt chanceux. Je garde quand même les doigts croisés parce que n°3 n'est qu'en 4ème, tout peut donc encore arriver.

Ils n'ont pas eu de problèmes donc, en revanche une fois passés les premiers temps où c'était sympa d'avoir 20 de moyenne et pas de copains du tout, ils ont revu leurs priorités et ont émargé à une moyenne relativement tranquille, ils ont comme on dit "choisi leurs matières" (surtout n°1) et surtout ils ont compris qu'il valait mieux, pour vivre heureux, vivre cachés. Ce qui a pu donner des moyennes générales ne reflétant pas, et de loin, l'intelligence fulgurante et créative de ces gosses.
Nous avons essayé de leur faire miroiter le plaisir de la performance, la sécurité apaisante du 18 de moyenne générale, la satisfaction du winner (je me marre!), rien n'y a fait. Franchement, personnellement, ça a pu me frustrer au point de leur mettre une certaine pression. Sans autre résultat que de les agacer prodigieusement. Au mieux....

Pour n°3, j'ai donc un peu levé le pied, d'autant plus que, du fait d'un environnement amical plus propice, il parvient mieux à gérer une bonne moyenne générale ET des paquets de copains. Il n'a donc pas à choisir. En revanche, comme ses frère et soeur, on ne peut pas dire qu'il soit très compétiteur. L'autre jour, il me parle du Brevet des collèges (devenu DNB) en me disant qu'il n'est pas stressé. Ce que je traduis par "en fait, j'ai les boules mais je ne sais pas comment te le dire". On discute donc un peu, je le rassure sur l'obtention du truc et, comme je ne peux pas m'en empêcher, je lui dis "si tu bosses un tout petit peu, tu peux l'avoir avec mention sans forcer". Hé, hé.... Je n'apprends pas! Illico, retour à l'envoyeur, j'ai droit au discours tellement rabâché par ses aînés selon lequel je suis une élitiste qui se cache (une crypto-élististe, si, si), que je veux juste frimer auprès des profs (bien sûr) et qu'il fera le minimum "d'façon, ça sert à quoi de faire plus?". Et c'est tout....

J'ai un coiffeur adorable, il est beau comme tout, gentil comme tout, jeune comme tout (22 ans!) et, ce qui n'est pas négligeable, il coiffe bien. Du coup, me voyant revenir toute pimpante, n°3 qui est très attentif dernièrement à sa coupe de cheveux, me demande s'il peut y aller aussi. Bien sûr.... Il en revient beau comme un camion et m'annonce qu'en fait, l'année prochaine, il tentera les félicitations du jury (je ne savais même pas que ça existait au DNB) à savoir, me dit-il, plus de 18 de moyenne générale ! Je reste évidemment interdite, je regarde sous la mèche, c'est bien le mien, je ne comprends pas. Voyant mon étonnement, il m'explique qu'il en a discuté avec Paul-le-coiffeur, qu'ils ont un peu échangé là-dessus et que Paul lui a dit qu'il pouvait faire "les féloches du jury sans trop d'efforts, et que ce serait dommage de pas se faire plaisir". Voilà, voilà....

Comment te dire?
Je sais que l'influence de l'extérieur, les pairs en particulier, prend énormément de place à l'adolescence.... mais que cela puisse s'exercer par ce biais-là, avec une telle facilité et une telle efficacité, j'en reste quand même émerveillée. Et je prends cette leçon d'humilité. J'ai beau savoir que je ne peux faire pour lui, avec lui que ce qu'il est prêt à me laisser faire, j'apprends toujours. Et je nous félicite, lui de prendre l'élan et l'envie où il les trouve et moi de le découvrir si autonome et ouvert.



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mardi 18 août 2015

On n'en meurt pas....


Je l'ai dit ici déjà, j'ai été élevée, comme à peu près tout le monde dans les années 70*, avec des punitions, des claques, des humiliations. Mes parents ayant eux-mêmes un lourd passé, les relations ont peut-être été plus dysfonctionnelles que dans certaines familles, et les coups plus fréquents, mais clairement moins dysfonctionnelles que dans d'autres familles. Donc, de ce point de vue là, j'aurais tendance à percevoir mon éducation comme se situant dans une "honnête" moyenne.
Pourtant, je constate que, si j'ai progressivement pris conscience de la nocivité relativement banale donc, de cette éducation, il n'en va pas de même pour tout le monde. Et je me retrouve ébahie de trouver en face de moi des gens éduqués, épris de justice sociale, plutôt bienveillants dans leurs relations à autrui qui, sans faire l'apologie de la gifle éducative, refusent de condamner fermement cette pratique et admettent y recourir "quand c'est nécessaire". Ce que je ressens encore parfois aujourd'hui, c'est vraiment une incompréhension ébahie. J'ai pu être soulevée par le dégoût et la rage au début de cette croisade mais cela a passé lorsque je me suis rendue compte que je venais toucher chez mes interlocuteurs quelque chose qui n'était pas de l'ordre de l'intellect ou même de l'émotionnel. Il y avait chez ces gens un refus profond et brut de remettre en cause un système. J'ai fini par me dire que, peut-être, en refusant de renier la baffe parentale, ces gens, mes interlocuteurs, mes amis parfois, ma famille refusaient de renier leurs propres parents et en même temps, l'éducation qu'eux-mêmes avaient reçu.... Parce que, suis-moi bien...., si tu dis que la mandale est à proscrire, tu admets qu'elle est néfaste. Ce faisant, tu condamnes tes parents mais aussi ce qui t'a permis de devenir qui tu es. Comme tu es plutôt content, la plupart du temps, de qui tu es, il n'est pas question de remettre en cause les fondements de cette éducation qui t'a fait(e). CQFD
Et c'est vrai, je suis plutôt satisfaite de qui je suis aujourd'hui (même s'il y a encore des marges d'amélioration) et je suis qui je suis -aussi- du fait des claques de mon père et des humiliations de ma mère, on est d'accord, tout cela m'a construite. Pour autant, je suis certaine que j'aurais été une personne, différente certes, mais surtout plus rapidement équilibrée si je n'avais pas eu à subir ce type de traitement. C'est vrai que ça fout le vertige, je reconnais que me penser autre est perturbant. Il me semble pourtant que, sans les coups que j'ai reçus, je n'aurais peut-être pas été si différente dans ce que je suis au fond et qu'une éducation plus bienveillante m'aurait permis en revanche de l'exprimer plus tôt dans ma vie, avec plus de force et moins de colère, plus de joie et moins de rancoeur, plus d'assertivité et moins d'agressivité.

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 * A part peut-être pour les enfants vivant avec des parents ayant eu déjà cette prise de conscience quelle qu'en soit la cause (mouvement hippie, communautés, etc....)

dimanche 16 août 2015

La vieillesse, la colère et la peur....

Dans quelques jours, ma grand-mère aura 96 ans. Elle est depuis 3 mois à peine en maison de retraite; jusque là, elle vivait seule chez elle, sans aide extérieure. Quand je dis ça, souvent les yeux s'écarquillent et j'entends "oh là là, dis donc, c'est beau!".... Non, en vrai, c'est pas beau. C'est même pas beau du tout. Et c'est compliqué. Et c'est difficile, et injuste, et trop dur parfois. En vrai, c'est une saloperie.

Elle est née en 1919. Ca n'a l'air de rien comme ça mais assieds-toi et goûte ce que ça fait: 1919... Le tout début du siècle dernier, avant l'électricité évidente partout, l'eau à tous les étages, les avions, les voitures, les fusées et même Faceb**k! Comme a dit mon fils vers 3 ans, dans sa période dinosaures "mais dis, Grand-mamie, tu crois qu'elle a vu un tricératops quand elle était petite?". Non, je ne crois pas mais elle aurait presque pu, presque. 

Si on laisse la technologie de côté, elle a grandi dans un monde où les très vieux avaient 75 ans au plus, et 80 ans la limite de péremption. Elle a grandi dans une société où grosso modo, quand tu étais vieux, tu ne l'étais pas longtemps, pas suffisamment en tout cas pour avoir le temps de devenir un problème. Au pire, quand tu devenais un problème, tu allais à l'hospice, tu durais 2 semaines et tu mourrais. 

Nous ne vivons plus dans cette société-là. Ma grand-mère pose un problème qui date de quelques années déjà et qui dure. Elle n'avait pas prévu ça, je crois; en tout cas, elle ne l'a pas anticipé et elle n'a pas pris les décisions qui pourtant s'imposaient. Elle a toujours cru qu'elle mourrait avant, bien avant d'être très vieille. Et maintenant, elle a peur, et nous aussi, on a peur. Elle a peur de mourir et elle a peur de continuer à vieillir. Les deux. A la fois. En même temps.

C'est Chateaubriand qui a dit que la vieillesse était un naufrage, je voudrais dire ici respectueusement que c'est idiot comme comparaison (très respectueusement, c'est Chateaubriand quand même). Pourquoi idiot? Parce que par définition, un naufrage humain n'a pas de témoin, sinon on n'est pas naufragé, on devient rescapé. Parce que, généralement, à moins d'être des sociopathes, les témoins viennent en aide aux naufragés. (Bon, on a des exemples récents et méditerranéens qui viennent contredire cette assertion... ou alors non? ce serait des sociopathes?)

Quand tu regardes quelqu'un vieillir, tu ne peux pas faire grand chose, tu es même parfaitement impuissant et tu ne peux rien empêcher du tout. Et il peut sembler incongru de planifier un remède quelconque à la situation puisque, par définition, la vieillesse est un état transitoire, que l'on pense éphémère et qui, en plus, embête tout le monde. On n'a pas envie d'y penser. Un peu comme l'adolescence en quelque sorte sauf que, même si les caractéristiques sont les mêmes (transitoire, éphémère et pénible pour tout le monde), le bon de l'adolescence, c'est que -généralement- on en sort vivant. Alors que la vieillesse....

Même si en tant que témoin, je me rends compte que la vieillesse de ma grand-mère est tout sauf éphémère (20 ans, ce n'est pas ce que j'appelle éphémère), elle ne semble pas s'en rendre compte. Et elle continue de refuser des solutions à son futur proche parce que "de toutes façons, ça ne va pas durer". Et pourtant si, "ça" dure, et bon sang, c'est long ! Et même si vieillesse rime avec sagesse dans de nombreuses traditions, je peux témoigner que ce n'est pas le cas de la grande vieillesse, celle qui apporte désorientation et anosognosie*. On n'est pas tous vieux comme Stéphane Hessel ou Edgar Morin. Et je me retrouve, moi aussi, prise dans ce paradoxe, entre la peur qu'elle meure et la peur qu'elle vieillisse encore plus.

Récemment, j'ai eu le plaisir de discuter avec un jeune retraité de la vieillesse de sa mère et de sa décision à lui de la mettre en maison de retraite, après l'avoir accueillie plusieurs années chez lui. Je dis le plaisir parce que, pour la première fois, je me suis retrouvée face à quelqu'un qui partageait ma colère quant au laisser-faire de nos aînées (sa mère et ma grand-mère). Colère qu'il exprimait carrément en disant que c'était dégueulasse, que ces personnes âgées se reposaient sur leurs enfants pour prendre les décisions difficiles, décisions qu'elles pouvaient par la suite leur reprocher à l'envi. Ca m'a soulagée de l'entendre prononcer des mots que j'ai pu, moi aussi, dire. Soulagée aussi parce que ça sortait du discours si convenu sur ces enfants qui se "déchargent" de leurs parents en les mettant en maison de retraite. Je ne connais personne qui ait fait cela, personne qui ait "abandonné" ses parents dans une maison de retraite. En revanche, je connais beaucoup d'enfants, de 60 ans et plus qui, pris à la gorge par une situation qui les dépassait complètement, se sont vus contraints de persuader leurs -parfois très vieux- parents d'aller en maison de retraite. Parce qu'aucune autre possibilité ne leur permettait de vivre moins difficilement la grande vieillesse de leurs parents.



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* L'anosognosie est un symptôme lié à un trouble neurologique : la personne qui en souffre n'a pas conscience de la perte de ses facultés liée à une maladie ou un handicap. Contrairement au déni, qui est d'ordre psychologique, l'anosognosie est d'ordre pathologique même si elle reste un mystère pour la science.