(Ou le coaching de performance du coiffeur :-) )
A la maison, nous avons (eu) trois enfants précoces ou EIP ou HP ou en avance ou posant des questions insolubles à l'ensemble des adultes les entourant, bref.... des enfants comme il y en a plein maintenant qu'on les écoute (et qu'on les entend un peu plus).
J'estime que nous avons eu de la chance parce qu'à part quelques soucis d'ego chez certains instits ou profs, ils ont eu une scolarité plutôt tranquille avec les résultats nécessaires aux passages dans les classes supérieures. Faire redoubler un EIP, franchement, c'est l'horreur. Donc j'estime que l'on a été plutôt chanceux. Je garde quand même les doigts croisés parce que n°3 n'est qu'en 4ème, tout peut donc encore arriver.
Ils n'ont pas eu de problèmes donc, en revanche une fois passés les premiers temps où c'était sympa d'avoir 20 de moyenne et pas de copains du tout, ils ont revu leurs priorités et ont émargé à une moyenne relativement tranquille, ils ont comme on dit "choisi leurs matières" (surtout n°1) et surtout ils ont compris qu'il valait mieux, pour vivre heureux, vivre cachés. Ce qui a pu donner des moyennes générales ne reflétant pas, et de loin, l'intelligence fulgurante et créative de ces gosses.
Nous avons essayé de leur faire miroiter le plaisir de la performance, la sécurité apaisante du 18 de moyenne générale, la satisfaction du winner (je me marre!), rien n'y a fait. Franchement, personnellement, ça a pu me frustrer au point de leur mettre une certaine pression. Sans autre résultat que de les agacer prodigieusement. Au mieux....
Pour n°3, j'ai donc un peu levé le pied, d'autant plus que, du fait d'un environnement amical plus propice, il parvient mieux à gérer une bonne moyenne générale ET des paquets de copains. Il n'a donc pas à choisir. En revanche, comme ses frère et soeur, on ne peut pas dire qu'il soit très compétiteur. L'autre jour, il me parle du Brevet des collèges (devenu DNB) en me disant qu'il n'est pas stressé. Ce que je traduis par "en fait, j'ai les boules mais je ne sais pas comment te le dire". On discute donc un peu, je le rassure sur l'obtention du truc et, comme je ne peux pas m'en empêcher, je lui dis "si tu bosses un tout petit peu, tu peux l'avoir avec mention sans forcer". Hé, hé.... Je n'apprends pas! Illico, retour à l'envoyeur, j'ai droit au discours tellement rabâché par ses aînés selon lequel je suis une élitiste qui se cache (une crypto-élististe, si, si), que je veux juste frimer auprès des profs (bien sûr) et qu'il fera le minimum "d'façon, ça sert à quoi de faire plus?". Et c'est tout....
J'ai un coiffeur adorable, il est beau comme tout, gentil comme tout, jeune comme tout (22 ans!) et, ce qui n'est pas négligeable, il coiffe bien. Du coup, me voyant revenir toute pimpante, n°3 qui est très attentif dernièrement à sa coupe de cheveux, me demande s'il peut y aller aussi. Bien sûr.... Il en revient beau comme un camion et m'annonce qu'en fait, l'année prochaine, il tentera les félicitations du jury (je ne savais même pas que ça existait au DNB) à savoir, me dit-il, plus de 18 de moyenne générale ! Je reste évidemment interdite, je regarde sous la mèche, c'est bien le mien, je ne comprends pas. Voyant mon étonnement, il m'explique qu'il en a discuté avec Paul-le-coiffeur, qu'ils ont un peu échangé là-dessus et que Paul lui a dit qu'il pouvait faire "les féloches du jury sans trop d'efforts, et que ce serait dommage de pas se faire plaisir". Voilà, voilà....
Comment te dire?
Je sais que l'influence de l'extérieur, les pairs en particulier, prend énormément de place à l'adolescence.... mais que cela puisse s'exercer par ce biais-là, avec une telle facilité et une telle efficacité, j'en reste quand même émerveillée. Et je prends cette leçon d'humilité. J'ai beau savoir que je ne peux faire pour lui, avec lui que ce qu'il est prêt à me laisser faire, j'apprends toujours. Et je nous félicite, lui de prendre l'élan et l'envie où il les trouve et moi de le découvrir si autonome et ouvert.
je veux bien l'adresse de Paul-le-coiffeur, parce qu'un coaching de performance en 30 minutes, à un ado, pour le prix d'une coupe ... ça déchire !
RépondreSupprimerHeu ... , est-ce qu'il prend les quinqua chauves ? ;)
Il fait la barbe :-)
SupprimerPeut-être les sourcils?
Mais si, tu vois, tu apprends: t'as laissé coulé dès que n°3 a protesté contre les envies d'élitisme parentales ;)
RépondreSupprimerDes fois, dans la vie, on a besoin d'un(e) coiffeur/ami/personne totalement désinvestie de la situation pour entendre ce que nos parents nous disaient depuis le début :)
M
Eh oui !
SupprimerJe le sais mais ça surprend encore....