lundi 27 juillet 2015

Les bonheurs du camping (1)

Je pars en vacances en camping. Pas vraiment parce que j'aime ça mais parce que, pour l'instant et pour ma famille, c'est la meilleure solution. Quand je dis "en camping", tout est relatif. On va dire que je loue un mobil-home dans un camping. M'imaginer en tente, sans sanitaires personnels est juste impossible; je l'ai fait une fois à l'âge adulte, j'ai survécu merci bien mais je ne recommencerai pas. C'est tout. Je sais, je suis bégueule. Je reviendrai dans un autre article sur les raisons de mes vacances en camping. 

Pour l'instant, je voulais vous parler des enfants des autres en camping, et en particulier la différence éducative que j'ai pu constater entre les étrangers et nous. Un petit préalable quand même, oui, on est bien d'accord, ce n'est pas une étude statistique, pas même une vraie étude empirique, c'est juste ce que j'ai pu observer dans mon camping sur la côte vendéenne entre hier et ce matin.

Ce matin donc, je lisais sur ma terrasse quand une petite fille, 3/4 ans, est venue se jeter en trottinette sur les marches de ladite terrasse. Le choc n'a pas été minime, je l'ai ressenti dans mon transat avant même d'entendre le hurlement de la gamine. Sans que j'ai eu le temps de me précipiter (fallait sortir du transat), le père est arrivé, a relevé sèchement la petite, l'a examinée sommairement et l'a "rassurée" d'un "ça t'apprendra à ne pas regarder"!    Bien... J'en suis restée scotchée, il faut bien le dire. Voyant mon effarement, le père s'est un peu troublé (un tout petit peu) et m'a expliquée qu'il fallait bien qu'elle apprenne à faire attention. Bien, bien... J'ai dû faire une 'tite grimace et balbutier qu'elle avait dû se faire mal quand même vu la violence du choc mais ce n'était visiblement pas le problème. La petite sanglotait à fendre l'âme et le père, bien embêté, lui répétait :"arrête, tout le monde nous regarde! Arrête, c'est rien, ça saigne même pas, tu me fais honte! Arrête maintenant ou je t'en colle une, tu sauras pourquoi tu pleures....". Bien, bien, bien....

Ca m'a évoqué deux scènes de la veille, au retour de la plage. La première concernait une famille hollandaise et deux micro blondinets dont l'un hurlait.... Aux gesticulations, j'ai compris qu'il y avait eu conflit autour d'un seau de plage (je parle le hollandais uniquement en cas d'extrême ébriété, et encore) et donc le hurleur avait perdu. Le père, assis par terre, entourait calmement son fils de ses bras, alors que l'enfant écumant littéralement de rage le rouait de coups de pieds et de poings. Le papa lui prodiguait ce qui me semblait être des paroles de réconfort, d'un ton tranquille. A mon passage, il a relevé la tête et m'a fait un signe pour me montrer qu'il ne pouvait pas bouger, puis m'a souri sereinement quand je les ai contournés. Tout en encaissant les coups et protégeant son môme... 

La deuxième scène concernait une petite fille et son père (encore), plutôt anglais ou du moins anglophone (et là, même à jeun, je comprends). La petite stridait de façon répétitive "I want to stay, I want to stay *", le papa a fini par la prendre dans ses bras pour un résultat identique de coups de pieds et de poings, et j'ai même entendu "I'm going to bite you **". Ce à quoi le père a répondu un placide "Oh sweetie, don't make things worse ***"..... En me croisant, il a rencontré mon regard et m'a souri simplement.

Je l'ai déjà dit, je le redis: ces scènes ne synthétisent pas à elles toutes seules le mode éducatif anglais ou hollandais par opposition au mode éducatif français. Je me suis juste interrogée sur la possibilité que les sociétés anglophone et néerlandaise laissent plus de vraie place à leurs enfants, en les laissant sans trop de jugement négatif être des enfants avec leurs émotions surgissantes, ce qui permettrait aux parents qui du coup ressentent moins de pression, d'être plus à l'écoute des besoins de leurs enfants. C'est juste une hypothèse....









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*  je veux rester
** je vais te mordre
*** oh ma puce, n'empire pas les choses 

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